CHAPITRE XX

Le chuchotement avait commencé presque tout de suite après l’arrivée de Belgarath, Silk et Garion en Mallorée. C’était au départ un murmure qui chuintait sans cesse aux oreilles de Garion, mais au bout de quelques jours, certaines paroles devinrent compréhensibles. C’étaient des mots bien particuliers  – maison, mère, amour et mort  –, des mots qui attiraient immanquablement l’attention.

Contrairement aux territoires morindiens qu’ils avaient traversés, l’extrême nord de la Mallorée était vallonné et couvert d’une herbe drue, d’un vert intense. Des rivières sans nom serpentaient entre les collines, sous le ciel de plomb. Ils avaient l’impression de ne pas avoir vu le soleil depuis des semaines. Une masse d’air froid était descendue sur la Mer du Levant et un vent âpre, qui sentait la glace des Pôles, soufflait inlassablement tandis qu’ils avançaient vers le sud.

Belgarath faisait montre d’une extrême circonspection. On aurait vainement cherché signe de la torpeur dans laquelle il parcourait ordinairement les routes du monde civilisé. Garion sentait l’esprit du vieil homme scruter mentalement les environs à la recherche du moindre danger. Si délicate était son exploration que c’était à peine un souffle se mêlant au vent qui caressait les herbes.

Silk n’était pas moins prudent. Il s’arrêtait régulièrement pour tendre l’oreille, humer l’air comme un chien de chasse, parfois mettre pied à terre et coller son oreille au sol.

— Plutôt stressant, comme boulot, commenta le petit homme en remontant sur son cheval après une de ces haltes.

— Mieux vaut être un peu trop prudent que de se jeter tête baissée dans quelque chose, rétorqua Belgarath. Vous avez entendu quelque chose ?

— Je crois que j’ai entendu ramper un ver, mais il ne m’a rien dit de spécial, répondit Silk d’un ton enjoué. Vous savez comment sont les vers...

— Ça va, Silk.

— C’est vous qui l’avez demandé, Belgarath.

— Oh, ça suffit, fermez-la !

— Tu l’as bien entendu, hein, Garion ?

— Je n’ai jamais rencontré un individu de plus mauvaise foi, grommela Belgarath.

— Je sais, répliqua Silk. C’est pour ça qu’on m’aime. C’est crispant, hein ? Bon, ils sont encore loin, vos bois ?

— A plusieurs jours de route. La limite de la végétation arborescente est bien plus bas, vers le sud. L’hiver est trop long et l’été trop court pour les arbres, ici.

— Le coin n’est pas folichon, observa Silk en contemplant les collines arrondies qui s’étendaient à perte de vue.

— Compte tenu des circonstances, je pense que je supporterai ce petit inconvénient. Les autres solutions sont moins plaisantes.

— Je vous crois sur parole.

Et leurs chevaux avançaient toujours dans l’herbe vert-de-gris qui leur arrivait aux genoux.

Le susurrement qui emplissait la tête de Garion reprit de plus belle. Tout à coup, une phrase émergea clairement du chuchotis inintelligible.

— Ecoute-moi, ô Enfant de Lumière.

Cette déclaration avait quelque chose de terriblement persuasif. Garion se concentra pour en entendre davantage.

— A ta place, je ne ferais pas ça, intervint la voix sèche qu’il connaissait bien.

— Quoi ?

— Ne fais pas ce qu’il te dit.

— Qui est-ce ?

— Torak, évidemment. Qui veux-tu que ce soit ?

— Il est réveillé ?

— Pas encore. Enfin, pas tout à fait. Mais il n‘a jamais été complètement endormi non plus.

— Et que fait-il ?

— Il essaie de te dissuader de le tuer.

— Il n’a pas peur de moi, alors ?

— Oh si, il a peur. Il a aussi peur de toi que toi de lui, et il ne sait pas plus que toi ce qui va arriver.

Ces paroles remirent du baume au cœur de Garion.

— Et qu’est-ce que je dois faire de tous ses murmures ?

— Tu ne peux pas y faire grand-chose. Mais ne commence pas à lui obéir, c’est tout.

Ils campèrent ce soir-là, comme tous les autres, dans un creux abrité entre deux collines et, comme d’habitude, ils ne firent pas de feu pour éviter de révéler leur présence.

— Je commence à en avoir marre de manger froid, se lamenta Silk en mordant à belles dents dans un morceau de bœuf séché. Regardez-moi ça : on dirait une vieille semelle.

— C’est excellent pour vos gencives, affirma Belgarath.

— Vous pouvez être très désagréable quand vous voulez, vous savez ?

— Vous ne trouvez pas que les nuits rallongent ? fit Garion pour couper court à la discussion.

— C’est la fin de l’été, commenta Belgarath. D’ici quelques semaines, ici ce sera l’automne, et l’hiver viendra très vite.

— Je me demande où nous serons quand l’hiver viendra, fit Garion d’un ton assez lamentable.

— Si j’étais toi, je ne me poserais pas la question, lui conseilla Silk. Ce n’est pas de ruminer le problème qui t’aidera à le résoudre ; ça va juste te mettre les nerfs en boule.

— En hyper-boule, rectifia Garion. Ils sont déjà en boule.

— On peut dire « hyper-boule » ? fit Silk, par curiosité.

— Maintenant, on peut, répondit Belgarath. Garion vient d’inventer le mot.

— Je voudrais bien inventer des mots comme toi, fit Silk d’un ton admiratif, ses petits yeux de fouine brillant d’une lueur malicieuse.

— Je t’en prie, Silk, ne te fiche pas de moi. J’ai déjà assez de soucis comme ça.

— Nous ferions mieux de dormir, décréta Belgarath. Tout ça ne rime à rien et nous avons une longue route à faire, demain.

Cette nuit-là, le murmure envahit le sommeil de Garion. Il s’exprima en images et lui transmit une proposition amicale : une main tendue dans un geste d’amour. La solitude qui hantait son enfance depuis le jour où il avait découvert qu’il était orphelin sembla s’apaiser, soulagée par cette offre, et il éprouva une envie désespérée de courir vers cette main tendue.

Puis il vit distinctement deux silhouettes debout côte à côte. Celle de l’homme était immense, d’une puissance surhumaine, mais Garion connaissait celle de la femme, et sa seule vue lui serra le cœur. Le personnage si impressionnant lui était étranger, et en même temps pas tout à fait. La beauté de ses traits n’était pas de ce monde. Il avait le plus beau visage que Garion ait jamais contemplé. Quant à la femme... rien n’était plus familier à Garion que ses yeux magnifiques et la mèche blanche qui ornait sa chevelure, au-dessus du front. Et tous deux, l’étranger et tante Pol, lui tendaient les bras.

— Tu seras notre fils, chuchota la voix. Notre fils adoré. Polgara sera ta mère et je serai ton père. Et ce ne sera pas une chimère, ô Enfant de Lumière, car tout m’est possible. Polgara sera vraiment ta mère et elle t’entourera de sa tendresse ; et moi, ton père, je vous aimerai et vous chérirai tous les deux. Nous repousseras-tu pour affronter à nouveau la solitude amère qui est l’ordinaire de l’orphelin ? Préféreras-tu ce vide glacé à la chaude affection de parents aimants ? Viens à nous, Belgarion, et accepte notre amour.

Garion s’arracha au sommeil et se redressa sur sa couche, couvert de sueur et tout tremblant.

— Aidez-moi ! s’écria-t-il sans bruit en explorant frénétiquement les recoins de son esprit à la recherche de la présence sans nom qui l’habitait.

— Allez, qu’est-ce qui t’arrive encore ? fit la voix sèche.

— Il triche ! déclara Garion, outré.

— Comment ça, il triche ? Quelqu’un serait-il venu établir des règles du jeu pendant que j’avais le dos tourné ?

— Vous savez très bien ce que je veux dire. Il m’a proposé de faire de tante Pol ma mère si je faisais ce qu’il voulait.

— Il ment. Il n’a pas le pouvoir d’intervenir sur le passé. Ne l’écoute pas.

— Comment voulez-vous que je fasse ? Il n’arrête pas de fouiller dans mon esprit, et il a le chic pour appuyer où ça fait mal.

— Pense à Ce’Nedra. Ça l’embrouillera.

— Ce’Nedra ?

— Chaque fois qu’il essaiera de te tenter avec Polgara, pense à ta petite princesse fantasque. Songe au jour où tu l’as regardée se baigner dans la Sylve des Dryades.

— Je ne l’ai même pas regardée !

— Vraiment ? Alors comment se fait-il que tu te souviennes si bien de tous les détails ?

Garion s’empourpra. Il avait oublié que ses pensées les plus secrètes n’étaient pas si secrètes que ça.

— Concentre-toi sur Ce’Nedra, c’est tout. Ça l’agacera sûrement autant que moi... C’est tout ce que tu arrives à imaginer ? reprit la voix au bout d’un moment.

Garion ne tenta même pas de répondre.

Ils repartirent vers le sud sous un vilain ciel chargé. Deux jours plus tard, ils rencontraient les premiers arbres, d’abord chichement dispersés au bord de la prairie où de grands troupeaux de créatures cornues paissaient placidement. Puis les bosquets s’épaissirent et ils se retrouvèrent dans une forêt aux troncs sombres et aux feuilles persistantes.

Torak poursuivait ses tentatives de séduction, mais Garion les déjouait en songeant à sa petite princesse aux cheveux de feu. Il sentait l’irritation de son ennemi chaque fois qu’il introduisait ces rêves éveillés dans les images soigneusement mises en scène que Torak tentait inlassablement de lui imposer. Torak aurait voulu qu’il pense à sa solitude et à la chance qui lui était offerte d’avoir enfin une famille aimante, et l’intrusion de Ce’Nedra dans le tableau perturbait le Dieu. Garion se rendit bientôt compte que Torak n’avait des hommes qu’un entendement très limité. Il était pétri des vérités premières et des pulsions élémentaires qui l’embrasaient depuis le commencement des âges et ne comprenait pas les subtilités et les désirs conflictuels qui motivaient les hommes. Garion en profita pour faire obstacle aux murmures insidieux par lesquels Torak tentait de le détourner de son but.

L’affaire lui était assez familière, au fond. Il avait déjà vécu quelque chose de comparable. Il tenta de préciser cet étrange sentiment de déjà vu. La vision d’une souche d’arbre tordue, carbonisée par la foudre, raviva tout à coup ses souvenirs. Vue sous un certain angle, on aurait vaguement dit un homme à cheval, un cavalier ténébreux qui semblait les regarder passer. Elle n’avait pas d’ombre sous ce ciel couvert, et cette image provoqua un déclic dans sa mémoire. Toute son enfance, Garion avait vu, à la limite de son champ de vision, la silhouette étrange et menaçante d’un cavalier en cape noire, qui ne projetait pas d’ombre même sous le soleil le plus ardent. C’était Asharak le Murgo, le Grolim que Garion avait détruit lors de son premier acte conscient de sorcellerie. Mais l’avait-il vraiment anéanti ? Il existait un lien étrange entre Garion et la sombre silhouette qui avait hanté son enfance. Ils étaient ennemis ; Garion l’avait toujours su ; mais leur inimitié avait quelque chose de curieusement intime, quelque chose qui semblait les rapprocher. Garion commença à envisager une possibilité stupéfiante. Et si le cavalier sombre n’était pas vraiment Asharak ? ou, plutôt, s’il avait été investi par une autre conscience, plus puissante ?

Plus il y réfléchissait, plus Garion était convaincu d’avoir mis le doigt par hasard sur le fin mot de l’histoire. Torak avait fait la preuve que, si son corps était endormi, sa conscience hantait encore le monde, ployant les événements à ses fins. Asharak était sans nul doute intervenu, mais il était dominé par la conscience de Torak. Le Dieu des Ténèbres le surveillait depuis le jour de sa naissance. La peur qu’il avait perçue dans l’obscure silhouette planant à la limite de son champ de vision n’était pas celle d’Asharak mais de Torak. Torak qui connaissait Garion depuis sa plus tendre enfance, qui savait qu’un jour il brandirait l’épée du roi de Riva et viendrait à la rencontre prévue avant la création du monde.

Obéissant à une impulsion subite, Garion fouilla sous sa tunique et prit son amulette dans sa main. Puis, au prix de quelques contorsions, il tendit le bras derrière lui et mit la marque qui ornait sa paume droite au contact de l’Orbe enchâssée sur le pommeau de l’immense épée attachée dans son dos.

— Je vous connais, vous savez, déclara-t-il en silence en projetant sa pensée vers le ciel boueux. N’essayez pas de me gagner à votre cause, vous n‘y arriverez pas. Tante Pol n‘est pas plus votre femme que je ne suis votre fils, alors vous feriez mieux d’arrêter de jouer à ce petit jeu et de vous préparer, parce que je viens vous tuer.

Le défi lancé par Garion à la face du Dieu des Ténèbres emplit l’Orbe d’une exaltation farouche et le fourreau qui emprisonnait l’épée se mit tout à coup à luire d’un vif éclat bleu.

Il y eut un silence mortel, puis ce qui était jusqu’alors un murmure devint un immense rugissement.

— Eh bien, viens, Belgarion, l’Enfant de Lumière ! hurla Torak en réponse. Je t’attends dans la Cité de la Nuit. Arme-toi de toute ta volonté et de tout ton courage, parce que je suis prêt à te rencontrer.

— Au nom des sept Dieux, qu’est-ce que tu fabriques ? souffla hargneusement Belgarath, le visage marbré d’étonnement et de colère mêlés.

— Il y a plus d’une semaine maintenant que Torak me murmure des choses, expliqua calmement Garion en lâchant l’Orbe. Il m’a promis toutes sortes de choses si je renonçais à le combattre et je commençais à en avoir marre, alors je lui ai dit d’arrêter.

Belgarath se mit à crachoter et à gesticuler.

— Il sait que je viens, Grand-Père. Il sait qui je suis depuis le jour de ma naissance. Il ne m’a pas perdu de vue un instant. Nous ne pourrons jamais le prendre par surprise ; ce n’est même pas la peine d’essayer. Je voulais qu’il sache que j’approchais. Il serait peut-être temps qu’il commence à s’inquiéter un peu à son tour.

Silk regardait Garion, les yeux écarquillés.

— C’est bien un Alorien, déclara-t-il enfin.

— C’est un petit imbécile ! cracha Belgarath. Il ne t’est jamais venu à l’idée que Torak n’était pas notre seul sujet de préoccupation ? tempêta-t-il en se retournant vers Garion.

Garion accusa le coup.

— Cthol Mishrak est gardée, jeune crétin ! Tout ce que tu as réussi à faire, c’est à annoncer notre arrivée à tous les Grolims à cent lieues à la ronde.

— Je n’avais pas réfléchi à ça, balbutia Garion.

— Je ne m’attendais pas à ce que tu y penses. Il y a des moments où je me demande si tu as une cervelle.

— Alors qu’est-ce qu’on fait ? s’enquit Silk en scrutant les environs avec appréhension.

— Nous n’avons pas intérêt à nous éterniser ici, répondit Belgarath. Tu es sûr que tu n’as pas une trompette sous ta tunique ? fit-il d’un ton lourd de sarcasme en jetant un regard noir à Garion. Parce que tu pourrais nous précéder en sonnant la fanfare. Allons-y, dit-il enfin avec un hochement de tête dégoûté.

La Fin de Partie de l'Enchanteur
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